Bibliothèque d’Alexandrie – 2


Sur l’emplacement même des ruines de la bibliothèque d’Alexandrie, celle qui a fait rêver des générations de lecteurs. Celle dont le fonds ampute, dit-on, l’humanité d’un savoir incommensurable. Sur ces ruines-là, un projet conduit par l’Unesco et par l’Égypte a abouti. La Bibliothèque la plus moderne du monde méditerranéen s’élève désormais sur les ruines de celle qui a été brûlée, selon une accusation tenace, par le général Amr Ibn-El-As. En 642, les troupes du général Amr Ibn Al Ass investissent Alexandrie.

Elles doivent brûler le million de livres que recèle sa célèbre Bibliothèque. Car, à Médine, le calife Omar leur a donné l’ordre d’éliminer tout ce qui va à l’encontre de l’Islam. Le calife Omar aurait eu une phrase que l’on cite encore comme un exemple de syllogisme. Il aurait estimé que les livres de la bibliothèque sont superflus si leur contenu est en accord avec le Coran, et pernicieux dans le cas contraire. Et donc quelle qu’en soit la nature, le fonds de la bibliothèque est bon pour alimenter les chaudières des bains de la ville. La nouvelle bibliothèque ne peut échapper à la légende qui accompagne la destruction de l’ancien temple du savoir. Il faut qu’elle ne démérite pas aux yeux de sa soeur défunte.

L’architecture de celle d’aujourd’hui est pourtant résolument futuriste. Elle ressemble à une soucoupe volante ou à une habitation aménagée dans l’espace.

Cette bibliothèque est dotée d’une salle unique au monde par ses dimensions et sa conception. Près de 70 000 m2 répartis sur treize niveaux dans un espace ouvert. En fait, il ne s’agit ni plus ni moins que de la plus grande salle de lecture du monde ! Cette salle peut accueillir 2000 personnes qui disposent de tout le confort qui a fait la réputation des grandes bibliothèques occidentales. Ordinateurs reliés aux ressources de la bibliothèque, sur lesquels on peut consulter cédéroms, multimédias, manuscrits et livres rares déjà numérisés. Les rayonnages sont à portée de main, et 60 000 titres y sont disponibles par accès direct et classés thématiquement. Près de 331 millions de dollars, tel est le coût de ce projet pharaonique. La bibliothèque projette d’abriter 5 millions de volumes et en détient déjà des centaines de milliers. La gestion de cette bibliothèque a été confiée à Ismaël Sirajdine. Cet Egyptien, docteur de Harvard et consultant de la Banque mondiale, ce professeur itinérant des prestigieuses universités américaines est parfaitement anglophone et francophone. Il semble être l’homme qui peut garantir à cet édifice la gestion qui s’impose. La question qui se pose maintenant que l’on a ressuscité la bibliothèque d’Alexandrie de ses cendres. Va-t-on agir de même avec une autre merveille de cette ville : le phare d’Alexandrie ?

source: aujourdhui.ma

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