Chapelle du chateau

Chapelle du chateau


La chapelle du château de Versailles est une chapelle palatiale située dans le château de Versailles, près de l’angle que forment l’aile du Grand Appartement du Roi et l’aile nord.

Quatre projets précédèrent la chapelle royale actuelle, plus ou moins aboutis et oubliés au gré des transformations architecturales du château. La chapelle actuelle fut achevée et bénie en 1710, après un chantier qui dura de nombreuses années, une première ébauche du projet datant en effet de 1687.

Le toit

La chapelle fut d’abord conçue pour ne pas excéder la hauteur des toitures du reste du palais. Mais devant le soutien et l’intérêt de ses confrères de l’Académie d’architecture d’un projet dont le toit était plus élevé, Hardouin-Mansart continua dans cette voie et exhaussa le bâtiment.

La sculpture s’affirma au service de l’architecture. À partir de 1705, le chantier de la toiture, qui fit de la chapelle une sorte d’immense reliquaire d’orfèvrerie, lui permit de développer un langage plus autonome, essentiellement ornemental. À l’origine, une grande couronne royale posée sur un coussin et un tapis – le tout en plomb – devait être placée au sommet. Mais finalement, un lanternon de près de 12 mètres de haut, surmonté d’une croix, surmonta l’édifice. Réalisé par Nicolas Berja, Jean Dedieu, Jean François, Jean de Lapierre, Pierre Lepautre, Offement, Claude Poirier, Jean Poultier, Jean Voiriot et Jean Hardy, il était composé d’une balustrade d’entrelacs à jour et de huit colonnes de bois gainé de plomb à chapiteaux composites, têtes de chérubin et festons de fleurs aux archivoltes, couronnée de huit consoles et fleurons surmontés de feuilles d’eau, d’un tore de feuilles d’acanthes et d’une croix posée sur un globe fleurdelysé. Ce lanternon fut détruit en 1765.

Le faîte de la toiture de la chapelle s’élève à 38 mètres (43 mètres depuis la cour basse de la chapelle) et est dominé par une croix à son extrémité est.

Par cette architecture différente au toit surélevé, la chapelle s’affirma alors dans son autonomie. « La substitution du corinthien au ionique à l’extérieur, ainsi que le remplacement des pots à feu par des statues juchées sur la balustrade extérieure constituèrent deux étapes importantes dans l’affranchissement de l’élévation externe de la chapelle au regard du modèle des façades donnant sur les jardins. Néanmoins, la silhouette élancée de la toiture de la chapelle allait dominer la masse du palais sans l’écraser » .

Sur le faîte de la toiture, Guillaume Coustou et Pierre Lepautre réalisèrent deux groupes de trois anges en plomb. Ces anges, à l’origine dorés, mesurent 210 cm. Le premier groupe porte les palmes, symbole de l’espérance de la Résurrection ; le second soutient la croix. Le mémoire des deux sculpteurs, daté de 1707, nous renseigne sur ces groupes sculptés : « 1707. Exécution du modèle, de la fonte et de la ciselure par Guillaume Coustou et Pierre Lepautre selon leur mémoire : « avoir fait et fini le modèle d’un groupe de trois enfants de six pieds et demi [2,10 m.], lesdits enfants sont ornés de draperies et de deux grandes ailes, lesquels enfants sont sur des nuées soutenant un palmier de huit pieds et demi de haut [2,76 m.] et une couronne de fleurs de vingt pouces de diamètre [0,54 m.], avoir fourni les plastres pour le soutien de la terre… Pour le second groupe d’enfants accompagnés de leurs ailes, nuées, draperies, couronne et palmier, avoir estampé de terre dans les modèles du premier, avoir assemblé les parties, les avoir retouchées, travaillées et finies… Plus avoir fait les moules pour les plombs desdits deux groupes, avoir fait les noyaux armés de fer ainsi que lesdits moules, avoir fait recuire le tout, avoir jeté, fondu le plomb… Pour avoir réparé, ciselé tous lesdits groupes, assemblé et soudé les parties, les ailes et draperies, les avoir posées et arrêts en place, soudés avec crampons et tirants… » ; estimations de 1 000 livres pour le modèle en terre, de 700 livres pour estampages du modèle et réalisation du creux, de 4 300 livres pour la fonte et de 2 000 livres pour la reparure et la ciselure ; acompte en 1707 (mentionnant la participation des sculpteurs Philippe Bertrand, René Frémin, Robert Le Lorrain et Jean (ou Jean-Melchior) Raon) et 1709, puis parfait paiement de 8 000 livres en 1710. La dorure fut réalisée par Guillaume Desauziers. Notons que, d’après le mémoire, les deux groupes étaient identiques à l’origine ».

En 1765-1766], le groupe situé à l’est fut modifié à la suite de la destruction du lanternon central.

La toiture est, elle aussi, ornée de motifs, reliefs et rondes-bosses en plomb, jadis dorés. Représentant des fleurs de lys, des houppes, des fleurons et palmettes, un tore de baguettes, des branches de palmes tournantes, des consoles et doubles-consoles, des campanes et chérubins, des frises de postes, des couronnes royales, des cartouches et culots, ils furent exécutés par les artistes ayant œuvré au lanternon.

La toiture sera refaite et redorée, les groupes sculptés seront restaurés grâce à la fondation philanthropia.

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